1830 LA GARDE NATIONALE (2ème partie)

Nouveau manuel complet des gardes nationaux

Dès la réactivation de la Garde Nationale, le préfet réclame rapport sur rapport au maire.






Courriers du maire, Chauvigny, au préfet de Loir-et-Cher


Le 19 octobre 1830

Je m’empresse de vous faire le rapport prescrit par cette lettre.

Depuis l’institution de la garde nationale à Bracieux, il a été établi  un poste composé d’un nombre suffisant pour réprimer le désordre qu’aurait pu exciter quelques mauvais sujets, et je puis vous annoncer avec satisfaction que jusqu’à ce moment le calme  le plus parfait a régné dans cette commune. Pas un seul individu n’a cherché à exciter la révolte, ni pendant que le trouble existait sur plusieurs points de la France, les habitants de Bracieux ont fait voir qu’ils étaient amis de l’ordre et de la tranquillité. Chacun d’eux s’est occupé de ses travaux ordinaires en montrant la plus grande soumission  au gouvernement que la France s’est donné. Un seul mauvais sujet, étranger à la commune, s’étant permis un jour des expressions insolentes, a été arrêté de suite et traduit devant M. le procureur du Roi.

Jeudi dernier qui était une foire considérable à Bracieux, j’ai fait placer un piquet de gardes nationaux sous la halle ; un 2ème piquet a été placé sur un autre point du marché. Les gendarmes ont été également employés pour veiller au maintien de l’ordre et leur zèle dans cette circonstance, ainsi que celui qu’ont fait paraître les gardes nationaux méritent des éloges.

Je me suis assuré par moi-même si le marché était suffisamment approvisionné et j’ai vu avec plaisir qu’il y avait du seigle en assez grande quantité, et beaucoup d’autres grains. Quant au froment, il en est très peu vendu à Bracieux, mais il se trouve avantageusement remplacé par l’abondance des farines de toutes espèces qu’on y amène de différents endroits, et qui sont plus que suffisantes pour satisfaire aux besoins. La vente des grains, farines, et autres denrées s’est faite avec toute la liberté et la tranquillité  possibles. Chaque individu a pu se procurer les objets qui lui étaient nécessaires sans être troublés. Enfin je n’ai remarqué aucun mouvement séditieux pendant toute la durée du marché. »


Le 23 octobre 1830

Monsieur, J’ai l’honneur de vous annoncer que jeudi dernier la garde nationale a fait son service avec beaucoup d’activité ainsi que la gendarmerie ; que l’ordre n’a point été troublé, les achats et ventes de marchandises de toute espèces se sont faites paisiblement et sans le moindre bruit.

J’ai été sous la halle pendant la plus grande partie du jour ; J’ai vu avec une nouvelle satisfaction que le marché était bien approvisionné de seigle et autres graines, ainsi que d’une quantité suffisante de farines, puisque tout n’a pas été vendu. Les grains ont éprouvé une légère diminution. Le peuple désire vivement que cette denrée de première nécessité soit enfin à un prix proportionnée aux faibles ressources de l’ouvrier et du malheureux. 

Le 2 novembre 1830

Monsieur, Jeudi dernier, jour de marché à Bracieux, j’ai pris les mêmes mesures de sûreté publique que les jours de marché précédentes, et tout s’est passé avec la plus grande tranquillité. Le zèle de la garde nationale et de la gendarmerie dans cette occupation est toujours des plus actifs.

L’approvisionnement en grains et farines a été plus abondant encore que précédemment. Il y a eu très peu de diminution dans le prix de ces denrées ; cependant ce peu de baisse fait renaître l’espoir de la classe indigente, qui depuis longtemps gémit dans la misère et éprouve des besoins de toutes espèces. 

Sources : 
- Registre des courriers (archives municipales)
- Illustration : Nouveau manuel complet des gardes nationaux, Seconde édition, 1830, Imprimerie de CRAPELET

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